Promesse et épreuve


Le journal « Le Peuple »

Tu liras un jour les débuts difficiles du « PETIT PEUPLE » à 2 centimes ; il était édité dans un format A5, sur du mauvais papier, sans illustration.

On avait réuni la rédaction, l’administration et l’expédition du journal dans une même pièce que l’on avait louée. Un administrateur avait été nommé ; il acheta des tables et des chaises, avec les maigres sous qu’il avait ; pour le charbon (on était en hiver 1885), le « personnel » se cotisa.

Il n’y avait pas un sou en caisse. On comptait ferme sur la vente du premier numéro qui devait sortir le soir même. Mais en hiver, les journées sont courtes et l’on eut besoin de lampes (à pétrole bien entendu).

Parti socialiste

Louis Bertrand raconte comment on fit : « Ce fut le quincailler d’en face, qui fournit le nécessaire et quand le garçon de courses du marchand se présenta pour toucher la facture, l’administrateur Milot mettant ses lunettes et regardant sa montre, déclara sans rire au garçon : « Mon ami, il est 6 heures 10 ; la caisse est fermée (en réalité, elle était vide), il faudra repasser demain ».

Une demi-heure après, le « Peuple » sortait de presse, et le lendemain les lampes purent être payées.

Promesse et épreuve Le journal « Le peuple »